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Lundi 12 mai 2008
Il y a 6 mois, Revo s’invitait dans nos studios afin de devenir le deuxième Artiste Sourdoreille de l’histoire. Evidemment, la sortie du premier album de nos deux Morlaisiens était fermement attendue par l’équipe. Artefacts / … est donc né, bien né. Avec la bonne étoile de Jarring Effects : un groupe qu’on adore sur un label qu’on admire... Sur le papier, ça avait de la gueule !


Restait plus qu’à écouter les 12 bombes de ce premier album. Autant le dire tout de suite : c’est une réussite totale. Les titres qu’on connaissait déjà, et qui nous avaient fait craquer, sont réarrangés et produits à la perfection. On s’attendait à un album sombre : on n’est pas déçu. On s’attendait à des titres puissants, violents, presque bestiaux : difficile d’être mieux servi.

Aux frontières du rock, de l’abstract, de l’indu et de l’électro, Artefacts / …est une plongée vertigineuse dans les méandres les plus inquiétants et fascinants des sonorités. La plus belle réussite de Revo sur ce premier album, c’est ce parfait équilibre entre les extrêmes : entre l’électronique et l’organique, entre le mélodique et le déstructuré, entre le brutal et le raffiné…


Revo - Le miel est plus doux que le sang


Des grands écarts que le groupe réalise en quelques secondes, faisant basculer l’ambiance d’un titre sans qu’on le présage. Le tout en restant dans une seule esthétique, à la foie très travaillée mais limpide : on est dans un rêve, on frôle le cauchemar, on s’inquiète, mais on se sent bien dans cet univers. On se laisse porter par la rythmique, souvent lente, lancinante, pour mieux exploser sur quelques sublimes envolées presque symphoniques !


Revo - Racine Opiacé

Les titres s’enchaînent à merveille, comme s’il ne pouvait en être autrement. On arrive au bout de cet album presque épuisé, atteint par ce chaos musical. Aussi heureux de sortir de ces ténèbres que d’y avoir pénétré. Et avec la ferme intention d’y retourner au plus vite !
Jeudi 8 mai 2008

Les anglophones nomment ' skycrapers ' les buildings à la hauteur vertigineuse, ' l’Appel d’airs ' semble, lui aussi, ' gratter ' le ciel du bout de ses doigts, perchée en altitude sur sa colline au milieu de nulle part.

Les semaines se suivent mais ne se ressemblent pas pour Moriarty, après Bourges et son festival accueillant le gratin de l’univers musical hexagonal, voici la commune de Trébry, ses ' ribouls ' (petites routes de campagnes) ses calvaires à chaque croisements, ses culs de sac…

Il faut donc prendre la voiture, rouler un moment et après de nombreux demi-tour et une patience bien entamée, se dresse devant vous cette ancienne boite de nuit, dont pourrait vous parler pendant des heures tous les quarantenaires de la région en vous évoquant de mémorables soirées, des nuits agitées et des réveils embrumés…

Malgré une programmation des plus intéressantes ' l’Appel d’airs ' n’affiche que trop rarement complet. En effet, l’assistance était plus que clairsemée pour la venue de Syd Matters il y a quelques semaines alors que ce soir, faute de réservation, certains se voient refuser l’entrée. Des déçus surpris que la salle soit pleine et étonnés que le folk-blues de Moriarty puisse attirer autant de curieux.

La première bière terminée le concert peut commencer sous les yeux de l’assistance venue pour eux, en effet, le public est réactif et connaît par cœur ' GEE WHIZ BUT THIS IS A LONESOME '. L’univers du groupe est maintenant connu, une ambiance de cabaret, un paravent et une lampe a l’abat-jour ' rétro ' forme le décor, nous sommes plongé dans le passé.

Lors de son entrée en scène le visage de la chanteuse, Rosemary, est fermé, presque carnassier, et pourtant elle vous attire, vous transporte. L’esquisse d’un sourire se lira enfin sur ses lèvres lorsque la salle reprendra en cœur le refrain de Jimmy.


Le concert est un livre, un recueil de nouvelles qui nous sont comtés par le groupe.

Le son est parfait, l’esthétique (décor, tenues de scènes) est travaillé, le set est carré mais derrière ce sérieux il reste une place pour la spontanéité, les Moriarty ont de l’humour et le font partager.

Le groupe rend un hommage posthume au défunt cerf Gilbert -du moins ce qu’il en reste- en reprenant ' enjoy the silence ' de Depeche Mode.

Alors que le livret de l’album annonce ' Le cirque Moriarty ', on imagine aisément Rosemary sous le grand chapiteau du cirque Tetrallini, présenté les uns après les autres les ' Freaks ' de la monstrueuse parade de Tod Browning, ou alors dans un cabaret de la ' Belle époque ', ou encore en tôlière derrière le comptoir d’une maison close…

Moriarty se présente comme un groupe Franco-américain, et c’est vrai que leur musique sent l’Amérique, celle des saloons, des grands espaces, du désert, de ces routes qui ne se terminent jamais…


Ce concert est donc un road-trip lors duquel nous traversons l’Amérique à bord d’une vieille mustang décapotable, le vent souffle dans l’harmonica posé sur le tableau de bord, le sable s’envole et caresse la guitare étendu sur le siège arrière, la batterie et la contrebasse rythment le bruit étrange du moteur fatigué. Le prochain saloon est annoncé dans quelques miles…' l’Appel d’air, Bar où on danse tard la nuit ' annonce le panneau....

Photos : Nicolas Ollier (concert au vauban à Brest, mercredi 7 mai 2008)
Lundi 5 mai 2008
En mai, Sourdoreille fait ce qu'il lui plaît et invite Somadaya à squatter le webzine et l'antenne de l'Artiste Sourdoreille. Car depuis un an, on avait jeté notre dévolu sur cette pierre préciseuse de Besançon. Avec dans leurs poches de nouvelles compos et un nouveau ligne-up, le groupe nous fait découvrir son univers rock bien particulier. Un groupe aussi attachant sur scène qu'en dehors...


par L'équipe Soudoreille publié dans : Artiste Sourdoreille
Dimanche 4 mai 2008
La musique de Claire Diterzi est différente. Son univers baroque semble sorti d'un imaginaire qu'on devine en perpétuelle ébulition. Une interview de la conceptrice du Tableau de chasse le plus étonnant de l'histoire ne pouvait donc être sans saveur. Quelques minutes avant son concert au Printemps de Bourges, Claire Diterzi nous parle justement de la réalisation de cet album, de son aspect "féminin". Elle en profite pour faire le bilan de sa carrière, aussi remuante et imprévisible que sa musique...



par L'équipe Soudoreille publié dans : Interviews
Samedi 3 mai 2008
Il y a deux semaines, les deux gars de Rafale nous lâchaient, lors d’une interview au Printemps de Bourges : « Ce qui se passe sur la scène électro en ce moment est super intéressant. Le seul truc, c’est qu’on va finir par être les plus vieux avec tous ces jeunes qui arrivent et qui défoncent tout ». Euh, quel âge, les gars ? La trentaine. Ah.

Vérification faite en deux avec un crayon papier sur un coin de table. Le monde électro regorge de DJ, pas musiciens pour un sou, mais qui savent transformer leurs ordis en jukebox imparable. Derrière ces pépites qui, en live, font lever les bras de n’importe quel soulard soudain pris d’un élan de fraternité envers tous ses semblables, quelques producteurs de génie qui avaient à peine dix ans quand Zidane a planté deux têtes au Brésil. La preuve avec Surkin.


Surkin, Next Of Kin

Le ptit gars, aux hymnes parfois putassiers mais délicieux, est aujourd’hui demandé aux quatre coins du monde. Immédiateté du tube, saturation maximale ou gros claviers old school : voici les trois condiments qu’on trouve dans la tambouille de Surkin.


Surkin, White Knight Two

Alors après, c’est selon. Pas révolutionnaire ? D’accord. Ephémère ? Sans doute. Générationnel ? Complètement.
A vérifier à Evreux cet été pour les plus dubitatifs...
 
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